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Événement du · Dossier rétrospectif publié le

Trail en Guirec : les vallées retirées du parcours, pas la course

Le désaccord sur les passages dans les Traouïero a conduit à modifier la Granit Roz, l’épreuve de 25 km. Il n’a pas entraîné l’annulation du Trail en Guirec. Retour sur les faits et sur ce que le collectif défend : des vallées ouvertes, dans le respect des lieux et des engagements pris.

31 mai 2026 : Trail en Guirec maintenu, passages dans le Petit et le Grand Traouïero retirés du 25 km
Illustration explicative du collectif, sans représentation du parcours. Sources : annonce des organisateurs et presse des 25 et 27 mai.

Ce qui a été retiré, et ce qui a été maintenu

Sur Klikego, le conseil d’administration de Granit Running 22 annonce le retrait des passages dans les deux vallées après réception de courriers recommandés de propriétaires refusant le passage. Cette modification concerne la Granit Roz, 25 km. La fiche conserve la course de 10 km, la Roz’Lyne, et la date du 31 mai. Les résultats des deux épreuves sont désormais référencés par la plateforme.

Il faut aussi distinguer les chiffres : 1 000 coureurs constituait la jauge annoncée pour l’événement entier, non pour les vallées. Les organisateurs évoquent moins de 500 participants concernés par le passage contesté ; la presse parle d’environ 500. Ce ne sont ni un comptage de passages réellement effectués dans les vallées, ni une mesure de leur fréquentation totale.

Source : présentation et communiqué de Granit Running 22 sur Klikego.

D’avril à fin mai : les repères

  1. Le collectif publie sur Facebook une alerte sur le trail : portée de la convention de 1989, tranquillité des milieux et période de reproduction de la faune. L’opposition au passage est donc publique plusieurs semaines avant l’épreuve.

  2. Selon la mise à jour du Trégor publiée le lendemain, l’association Les Amis des vallées des Traouïero reçoit un courriel annonçant le renoncement aux passages.

  3. Le Trégor et Le Télégramme relatent la modification. Ouest-France date également de ce jour l’annonce sur les réseaux des organisateurs. Luc Travers explique au Trégor que le parcours empruntera davantage la route en bordure de vallée.

  4. Sur Facebook, le collectif rappelle l’ancienneté de ses objections et demande de prendre en compte les usages autour d’une course, pas seulement le nombre de dossards.

  5. Jour de l’épreuve maintenue. Le collectif réaffirme que préserver les vallées ne signifie pas s’opposer au sport ou aux causes solidaires.

Deux lectures du conflit, à ne pas confondre

Les organisateurs défendent une manifestation solidaire, ses engagements de propreté et le respect des lieux par les participants. Ils estiment subir les conséquences du conflit sur la gestion future des vallées. Leur présentation annonçait un soutien à Info Sarcomes et aux Enfants de Trestel ; elle ne permet pas, à elle seule, de connaître les sommes finalement versées en 2026.

Le collectif défend une autre lecture : l’ouverture aux promeneurs et aux cavaliers, organisée par les conventions de 1989, ne constitue pas à ses yeux une autorisation générale pour une manifestation sportive. Dans sa publication du 31 mai, il demande que les accords nécessaires soient recherchés auprès des interlocuteurs concernés avant d’annoncer un itinéraire.

Le 26 mai, il s’inquiète aussi de la fréquentation liée aux entraînements, au balisage, à l’organisation et aux accompagnants, ainsi que du dérangement possible de la faune. Ces inquiétudes ne sont pas un bilan écologique mesuré : les sources consultées ne fournissent ni comptage de ces passages supplémentaires, ni étude d’impact propre à l’édition 2026. De leur côté, les organisateurs indiquent ne pas divulguer le parcours du 25 km en raison de passages privés autorisés seulement le jour de la course.

Respecter les coureurs et la solidarité n’interdit pas de discuter du choix d’un itinéraire. Et demander le respect des lieux ne revient pas à réclamer leur fermeture à tous. Ce sont précisément ces distinctions que nous souhaitons maintenir dans le débat.

Ce que cet épisode laisse à régler

La question dépasse une journée de course : qui dialogue avec les propriétaires, qui entretient les chemins, qui explique les usages convenus et qui les fait respecter ? Notre lettre du 9 février demandait déjà de travailler à partir des conventions existantes et des solutions associatives locales.

Le Trégor du 26 mai apporte un repère institutionnel : Nathalie Nowak indique qu’à cette date le Département reste gestionnaire des sentiers. Annie Macé, nouvelle maire de Trégastel, annonce un travail avec Perros-Guirec, en lien avec les propriétaires. Ces déclarations ne prouvent pas, à elles seules, qu’un accord nouveau est signé ou qu’un transfert de gestion est réalisé.

Notre ligne reste la même

Préserver les vallées et leur accès gratuit suppose des engagements lisibles, un entretien suivi et un dialogue réel avec celles et ceux qui y vivent et les ouvrent au public. Des heureux, pas des euros : la tranquillité d’un lieu ne se mesure pas à sa capacité d’accueillir toujours davantage d’événements.

Sources et méthode